Vos questions et quelques réponses !

«Qui sont les Gardiens de la Table d'Emeraude ?»
Réponse scandaleusement commerciale : à vous le plaisir de le découvrir ! En lisant mes livres, vous en découvrirez de connus ou de surprenants. Réponse sur le fond : leur Cénacle alchimique remonte aux temps immémoriaux, et s'appuie sur la tradition et les textes de la Table d'Emeraude. On dit que la Table d'Emeraude recouvrait la tombe d'Hermès Trismégiste, au cœur de la pyramide de Gizeh.
Les Gardiens rassemblent des philosophes et des héros, des savants et des soldats, des hommes et des femmes de pensée et d'action. Leur devise : «Non point le mal contre le bien, mais le meilleur contre le pire»: telle est leur devise. Leur méthode : «De toutes les matières diverses, tirer l'universelle harmonie» : les Gardiens proviennent de civilisations différentes, mais ils sont unis sur les mêmes principes d'humanisme et de mutuelle acceptation. Wandra, Jacoveus Gombertus, le sage Jazîr, Jerzâr le mage, Guillaume de Carnoit, Gisbert le Scalde s'y rencontreront pour lutter contre des phénomènes qui n’ont rien d’une fiction : l'obscurantisme, la tyrannie, la violence, l'injustice, les exactions des grands sur les petits. Parmi mes héros reçus dans leur cénacle, on trouve ce petit cachottier de Henri de Pontfol. Aïe, ça y est : j'en ai trop dit…

«Hrólf … le Vagabond … le Marcheur, a-t-il vraiment existé ?»
Oui ! Il fonda de la Normandie sous le nom de Rollon et, plus tard, de Robert Ier le Riche. Je vous propose de découvrir une série de documents sur cet extraordinaire personnage dans son blog.

«Savez-vous que l'endroit où vous situez le manoir des Bellanges, à Cambremer, constituait probablement une résidence épiscopale ?»

Une page d'histoire sur le site Internet de Gilbert Guillotin «Cambremer, un village en Pays d'Auge» vient renforcer la thèse selon laquelle le manoir que j'attribue aux Bellanges a bel et bien existé à Cambremer à l’époque que j’indique, et qu'il pourrait s'agir d'une résidence épiscopale. Voir la page spécifique sur : une résidence épiscopale à Cambremer (d'après une thèse de Doctorat de Marie Casset).
Merci pour cette très intéressante contribution. Celle-ci renvoie également aux quelques considérations émises dans ma note sur les curieuses coïncidences rencontrées lors de la rédaction de "La Nuit des Stellaires".
Cambremer, un village en Pays d'Auge
La page sp écifique sur la résidence épiscopale

 

«En écrivant «La Nuit des Stellaires», vous dites avoir rencontré pas mal de hasards troublants. Pouvez-vous commenter ?»
Voici ce que j’ai écrit à ce sujet. Le texte est long, mais les coincidences aussi ! :

En commençant la rédaction de ce roman, je n'imaginais pas la somme de troublantes et heureuses coïncidences qui allaient en jalonner toutes les étapes. Je ne me serais d'ailleurs jamais permis de le lester d'une postface, si je ne tenais à vous faire partager ce trouble et ce bonheur.
En 1995, Nicole et moi nous installions dans une vieille maison normande à colombages construite en 1714 le long des pentes du Montargis. Puisqu'il n'est plus besoin de présenter ces parages à mes fidèles lectrices et lecteurs, et que les autres prendront sans doute la peine de se documenter, je m'en tiens là pour vous raconter l'étrange expérience que j'y ai vécue.
Nous étions en hiver et il montait du sol comme une invite volatile, une fragrance romanesque qui, par le long travail des âges, m'inspirait, m'enivrait et m'invitait à écrire. Cette suggestion fut si puissante que je pris une décision inhabituelle. Alors que j'avais décidé, croix de bois, croix de fer, de commencer une autre histoire, croyez-le ou non, j'abandonnais mes premières esquisses !

 

 

Le tout bien rangé dans un dossier que je décidai de reprendre plus tard, je mis en chantier mon nouveau projet, et « La Nuit des Stellaires » prit forme avec une rapidité qui me stupéfie encore. Le synopsis terminé, j'en étais déjà aux premières pages, lançant le fils de Jean de Pontfol sur les routes et ouvrant les portes du château des Bellanges à Cambremer, lorsque je fis une première découverte stupéfiante.
J'avais situé le domaine familial de la sauvage Ariane à une trentaine de mètres à gauche de l'église. Comme mon intuition me disait que, dans une localité comme Cambremer, il devait bien se trouver un manoir, un château, une antique bâtisse seigneuriale, mon épouse demanda benoîtement aux personnes que nous connaissions où se situait ce château ou, du moins, ses vestiges. On nous répondit par des sourires et des haussements d'épaules : Cambremer ne connaissait qu'un château, un seul. Le château d'eau. Ben, voyons.
«Très bien, me dis-je, que ceci ne t'empêche pas de poursuivre sur la voie de ton imagination.» Je n'imaginais rien du tout. J'anticipais, ou plutôt : je restituais.
Quelques jours plus tard, je faisais la découverte d'un «Guide du Pays du Canton de Cambremer» abandonné à notre intention par les anciens propriétaires de la maison, des Britanniques amoureux du pays et soucieux de nous en faire connaître les secrets. A moi de sourire rétrospectivement et de hausser les épaules ! Une trentaine de mètres - à droite - de l'église de Cambremer, il subsistait les vestiges (une immense cheminée à ressauts prismatiques) d'un «ancien édifice important» du XVe siècle, ainsi qu' une façade décorée de menuiseries « d'origine, d'esprit Louis XIII», le tout étant situé dans l'actuelle rue des Tilleuls.
Vous rendez-vous compte, Ariane ? Plus de deux siècles après votre épopée, vous faisiez encore rêver les hommes, au point de leur délivrer les clefs du passé... Hum, je m'emballe. Poursuivons.
Le hasard devait me conduire à faire une autre découverte du même acabit. Une après-midi, je fis la connaissance de deux charmantes voisines, Mesdames Françoise Hardy (autre coïncidence, puisqu'il s'agit d'une homonyme de la célèbre chanteuse) et sa maman, Madame Emile-Roland Hardy. De notre discussion, il ressortit qu'il était fort probable qu'un Comte de Pontfol avait vécu dans les environs immédiats, voire même dans leur propriété familiale, située en face de chez nous. Vous avez bien lu : en face de chez nous.
Il s'avéra également que le plus célèbre des Pontfol se prénommait Jean ! Jean, exactement comme le père de mon héros. Bien sûr, il avait vécu plus tôt que dans mon roman, aux alentours de 1405, mais cette double révélation me remua un peu plus. Lorsque j'appris que cet auguste personnage avait marqué l'histoire de la Normandie, exactement comme l'ancêtre d' Henri, je me dis que la boîte aux surprises devait être refermée.
Au fond, comme le disait un excellent ami, cette somme de hasards ne représentait qu'un enregistrement malicieux autant que discret de mon subconscient. Cette théorie présente, comme beaucoup d'autres, l'avantage d'offrir une explication rassurante. Tout est simple. Tout est linéaire. Il n'y a qu'à. Il suffit de. Dormez, braves gens, y a rien à voir. Pour ma part, je me méfie comme de la peste des affirmations qui prétendent déterminer à coup sûr le pourquoi des choses, alors que toute notre vie tâtonne sur le chemin du comment, qui est celui du travail sur soi, de l'effort permanent en direction de la connaissance et, parfois, de la sagesse (je ne parle pas pour moi).

Conclusion claire et nette : je n'étais qu'à moitié convaincu. Cette demi-portion de conviction se réduisit en de plus petits météorites encore, lorsque, lisant attentivement et complètement un ouvrage régional joliment intitulé «Sous la ramure des pommiers en fleurs», je fis une nouvelle découverte, matérialisée une fois encore par mes deux fées Hardy.
Outre les extraits que j'avais déjà reçus concernant Jean de Pontfol, j'y appris que le compagnon de Henri, tué dans la sombre tour de Médis - le brave Montreuil - ne portait pas un nom d'emprunt soutiré à l'administration fantaisiste de mon imagination. Cette famille avait profondément imprimé son sceau dans l'histoire du canton.
Par la suite, d'autres faits troublants s'ajoutèrent à cette trilogie déroutante. Il s'avéra que Henri IV, le bon roi dont j'avais fait l'ami ingrat du pauvre marquis de Bellanges, il s'avéra dis-je, que le brave homme courait effectivement le guilledou, la prétentaine, le jupon léger et Gabrielle d'Estrées, à moins de deux kilomètres de chez nous. Il s'avéra également que la région choisie pour clore cette histoire était effectivement réputée pour ses lieux étranges, alors même que j'y avais vu un simple effet de mon imagination. Enfin, d'autres détails que j'avais cru inventer, s'ajoutèrent et s'ajoutent encore régulièrement à cette liste.
Restons-en à ces quelques découvertes. Celles-là, vous me le concéderez - et si vous ne le faites pas, vous me pardonnerez certainement pour la raison que je suis un romantique décadent - celles-là ont de quoi interpeller, comme on dit en notre belle époque de néologismes socioculs.
A vrai dire, je suis de plus en plus persuadé que nous sommes tous, à des degrés divers, et à commencer par les artistes, des sortes d'émetteurs-récepteurs. Par la petite porte de nos différents sens, nous recevons des mots, de l'air, des poussières d'existence, des brins d'herbe, des fleurs, des arbres, des paysages, des conversations lointaines, des impressions, des ambiances, bref mille et un détails imperceptibles. Ces informations-là, ordinaires à première vue, nous les retransmettons à notre tour sous forme d'émotions et d'expressions. Celles-ci deviennent musique, peinture, récits, sculpture ou le tout à la fois ; des visions fulgurantes, des bizarreries, et parfois des vérités plantées dans le sol depuis des siècles ; non plus des hasards, mais des observations qui s'entrecroisent, non plus des coïncidences, mais des incidences qui se rencontrent.
Notre temps est bref, mais celui du passé vibre encore pour ensemencer le nôtre.

 


«Est-il exact que, dans chacun de vos romans, on retrouve des liens avec des personnages, des lieux et des situations évoqués dans d’autres ?»
C’est absolument exact. Cet aspect est d’ailleurs abordé dans la page que Wikipedia a bien voulu me consacrer : cliquez ici

«Dans certains de vos ouvrages, pourquoi ce retour sur une écriture classique et parfois lyrique ? Peut-on encore écrire de la sorte et être lu ?»
Question que je vous retourne, mes cher/es lecteurs/trices ! Disons qu’il m’arrive de chercher à restituer les parfums, la poésie, les retours et les entrelacs de la langue de jadis. C'est non seulement une question de choix personnel, d'inclination littéraire, d'amour de la langue française, mais aussi de respect d'une ambiance historique, d'une manière de vivre et de s'exprimer. A vrai dire, je m'inscris en faux contre l'écriture minimaliste, très en vogue actuellement. A mes yeux, celle-ci réduit les personnages à la portion congrue d'outils narratifs et les actions à un déroulé net et froid. Cette façon m'ennuie et je n'écris pas pour m'ennuyer.
J’ajoute que, ces dernières années, j’ai beaucoup travaillé sur les rencontres entre les façons de parler et d’écrire de jadis et d’aujourd’hui. Celles-ci s’avèrent souvent plus productives et étonnantes qu’on ne l’imaginerait à première vue.

«Vivez-vous de votre plume ?»
Oui, au sens large du terme. Par «sens large», j'entends non seulement l'écriture artistique, mais aussi l'écriture commerciale, fonctionnelle, publicitaire, didactique, étymologique et pratique. Pour être franc, je trouve très préoccupant que l’immense majorité de mes consoeurs et confrères soient obligés de mener plusieurs vies afin de pouvoir vivre et écrire.

N’hésitez pas à m’envoyer vos questions sur ce mail.



 

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